lundi 11 septembre 2017

LE SILENCE DANS LA PRATIQUE

Ce que j’ai apprécié le plus,le jour où j’avais fait le choix de l’Aïkido parmi toutes les spécialités qui m’avaient été présentées à cette nuit des arts martiaux au Palais des sports en 1974, avait été le silence, le calme et les sourires des Aïkidokas.
A l’époque, c’était M°André Nocquet qui officiait.
Entre les déplacements fluides et les techniques sophistiquées,pas une parole… Chacun avait son rôle prédéfini, échangé chacun son tour
Depuis ce temps, ce calme et ce silence auront alimenté au quotidien mon Aïkido.


Seulement aujourd’hui, lors de stages ou interclubs, je dois très souvent couper mes oreilles régulèrement dans ma pratique selon mes partenaires.
Certains n’arrivent pas à créer la séreinité en cédant au monologue dès les premières minutes de l’échange.
En effet, ils se sentent obligés de dire leurs sensations pour les uns, exprimer leurs lacunes pour les autres, et, pour les derniers (les pires) et quelque soit leur niveau, ceux qui font « un cours dans un cours », se substituent au professeur, vont se sentir obligés de vous critiquer, donner des conseils non sollicités, vous faire des remarques sur votre pratique ou encore ré interpréter les consignes du maître,… modifiées par leurs propres lunettes.
Ces derniers peuvent être eux mêmes des enseignants.
Leur « déformation professionnelle » est alors plus forte que leur maitrise de garder le silence et rester dans l’observation.
Sinon,d’une manière générale, ici, le latin a beaucoup de mal à lutter contre le besoin de verbaliser pour tout et rien dans ses habitudes…
Ces réactions sont rarement animées d’une mauvaise intention mais cela fait preuve d’une immaturité martiale.
Comment leur faire comprendre,au risque de se mettre à parler soi-même,qu’ils gâchent profondément l’échange et que leur « conseils sauvages » nuisent paradoxalement aux progrès recherchés?
Il suffit d’intégrer quelques principes simples répétés par nos maîtres ; « L’échec construit », « c’est en faisant des erreurs que nous progressons », et j’ajouterai : « dès lors que le partenaire ne demande pas de l’aide,laissons le chercher de lui-même ». Rester muet sans pour autant devenir conciliant en tant qu’Uke, fait également progresser le'nseignant plutôt que de noyer le pratiquant sous un flot de consignes. Pour autant, il n’est pas question de créer de l’austérité et de la gravité artificielle. La bonne humeur, les sourires, rires n’interfèrent pas dans la progression de chacun.
Ici, à l’AKDN,tous les hakamas ont comme consigne de rester silencieux avec leur partenaire jusqu’au moment où celui-ci demandera conseil. Pas avant.
Dès lors, chacun en sortira gagnant. La sérénité rejaillit dès lors dans tout le dôjô et dans les esprits…
Il suffit de s’y tenir, et de diffuser ce concept….

Patrick BELVAUX
déc 2016
http://www.akdn.fr/la-faq-de-laikido/letiquette/le-silence-dans-la-pratique/




samedi 9 septembre 2017

GiỚI THIỆU AIKIDO - video tiếng Việt


Điều khó khăn nhất để chinh phục trong thế giới này là chính bản thân mình... 
La chose la plus difficile à conquérir dans ce monde est soi-même...

(Shoshinsha'lan)




NHẬP MÔN AIKIDO - phụ đề Việt ngữ

NHẬP MÔN AIKIDO
HIỆP KHÍ ĐẠO
đạo chủ: Sahara Fumiharu
*
Jizai shin - Tự tại tâm
Kokyu ryoku - Hô hấp lực
Ittai ka - Nhất thể hóa


Durée 80 minutes, ce DVD guide le débutant (Shoshinsha) de toutes les techniques de base et les aide à expliquer la théorie arts martiaux d'aikido


DVD Nhập môn Aikido
DVDで見て、学ぶ 身体づかいの「理」を究める!<実践>合気道入門) 

với thời lượng 80 phút, DVD này hướng dẫn người sơ tâm (Shoshinsha) mọi kỹ thuật căn bản và giúp họ lý giải tiệt để về thuật lý của môn võ học này.
DVD được Gokuraku Shujo dịch phụ đề Việt Ngữ.

**********************


Nguồn:
source: https://gokuraku-shujo.blogspot.fr/2014/11/Nyumon-Aikido.htm



vendredi 8 septembre 2017

Shoshin : l’Esprit du débutant…

Posséder l’esprit d’un débutant signifie pratiquer chaque jour comme si celui la était le premier. Avec enthousiasme, avec le désir de découvrir de nouvelles choses, et prendre tout ce que l’on nous « donne » que ce soit d’un Sempaï, ou d’un Kohaï.
L’objectif dans la pratique est de garder l’esprit pur du débutant pour pouvoir continuer à progresser sans cesse.


L’esprit du débutant est très difficile à conserver. Shoshin implique d’avoir un esprit ouvert, prêt et libre. « L’esprit du débutant » présente de nombreuses possibilités d’intégrations, semblable à une éponge, prête à absorber tout ce que l’on lui soumet.
Shoshin est une attitude nécessaire pour pouvoir continuer à progresser dans la voie, notamment celle du Budo. Celle-ci englobe la sincérité, la modestie, l’humilité, l’ouverture, la patience,  la maîtrise de soi, , elle est dépourvue de préjugés et de discrimination.
Cependant, Shoshin n’est pas seulement l’état d’esprit requis pour le débutant, mais doit être présent à toutes les étapes de la formation. La manifestation de Shoshin varie donc selon que l’élève soit débutant, intermédiaire ou avancé dans sa pratique. C’est aussi ce que l’on peu appréhender comme « No-Mind » – la non pensée – le Ku (le vide).
Comme le dit Jaff Raji dans le slogan de son école Ecole de Budo RAJI Internationale,  » A state of mind » – Un état d’Esrprit –
C’est l’aboutissement de la voie du Budo. La volonté de coller à l’esprit du débutant est une clef d’adhésion à l’étude de toute Voie (martiale, artistique…). Pour garder un  bon shoshin, il faut prendre garde à  l’orgueil et la présomption ce que l’on peut entendre par l’EGO, plus familièrement « prendre la grosse tête ».
Il est vital de maintenir une auto-réflexion (remise en cause partielle) tout au long de son évolution (cf. art. "enseigner l’aikido, un choix, une vocation, une passion…" ).
Perdre son Shoshin signifie l’arrêt de son évolution. Si l’arrogance est la principale cause de la perte de son Shoshin, modestie et humilité, ses pendants, sont nécessaires à son maintient.
A un Esprit juste celui qui reconnaît la distance à parcourir,  qui connait l’existence des choses au-delà de la réalité elle-même, tout en continuant sur le chemin du développement, de sa propre voie.
La réflexion et la compréhension de la nature humaine s’approfondit. Il y a encore une grande influence des idées médiévales dans toute la tradition des formes d’art japonais, y compris le Budo et dans la conscience japonaise d’aujourd’hui.
Il était, et est important de prendre conscience que le chemin est long et difficile, il faut l’aborder pas à pas, et sortir des chemins tracés, revenir sur ses pas pour avancer plus vite et en se construisant de bonne base.
Prendre le temps d’admirer le paysage, savourer les couleurs, les odeurs de la nature du chemin que l’on emprunte, prend du temps mais s’assurer des racines, des bases. Alors que prendre une autoroute sans prêter attention à ce qui nous entoure, donne l’illusion d’aller plus vite, mais sans aucun souvenir auquel se rattacher pour reprendre la voie qui est la sienne.
Shoshin-o-wasurezu : «Ne pas oublier l’esprit et l’humilité du débutant. »


Fabrice & Patrice de aikidoblogtrotter.
************************
photo: sur internet
source:

AIKIDO - la voie de l’harmonie des energies

Pendant les premières semaines pour certains, durant les premiers mois pour d’autres, les entrainements sont souvent déstabilisant lorsqu’on débute en Aïkido. En effet, le but du “jeu”, le principe de non-résistance, la manière de considérer l’autre, l’absolue non-violence pourtant pratiquer au moyen d’armes (sabre, bâton, poignard) perturbe assurément le novice.
Un art martial non-violent, pacifique… ce paradoxe séduit mais déstabilise immanquablement. Pratiquer un art martial consiste, de toute évidence, à placer deux personnes en rivalité; et “que le meilleur gagne” (ou tout au moins reste en vie et indemne). L’enjeu sera, à priori, de remporter la victoire, un trophée, enlevé symboliquement ou réellement la vie à l’autre en conservant toute notre propre intégrité. Et “l’autre”, le perdant, quelque part: on s’en moque !!!
Photo: aikidoart_ekia11ew
Ici, dans la “Voie de l’Harmonie des Energies”, même si réellement ou symboliquement il est question de neutraliser les intentions belliqueuses de l’adversaire réel ou potentiel, le processus et la finalité seront tout autre.
On nous aura, durant notre jeunesse, toujours et systématiquement inculqué, que ce soit à l’école ou tout prés de nous à la maison, deux façons de répondre à la violence: y répondre par les mêmes moyens, bien souvent par la force, qu’il va falloir se battre pour gagner, ou bien, certaines religions le proposent: à la réception d’une gifle il faudra “tendre l’autre joue…”.
Notre inconscient personnel ou collectif s’attend à ne devoir faire que ce choix binaire face à une quelconque attaque. Et ce processus va se retrouver autant sur un ring, certains tatamis, dans la rue, sur la route, à la maison, et même en stratégies boursières, dans les entreprises, la justice, en diplomatie etc.… Partout où il y aura confrontation, rivalité, concurrence, conflit, affrontement…
La vraie originalité d’O sensei Morihei Ueshiba en créant l’Aïkido, aura été de proposer une autre solution, une autre Voie. Le principe est d’une extrême simplicité en fait. Sa logique se retrouve dans la Nature. Elle peut s’illustrer par la fable du chêne et du roseau. Face à une poussée, au lieu de résister, de lutter, de tenter de s’imposer par la force, on ira tout naturellement avec elle… pour mieux la rediriger par la suite. En extrapolant, tout acte de violence, d’agressivité, de spéculation sur soi sera la source d’énergie principale à détecter au préalable. On se servira alors d’elle pour conduire le différend, l’envoyer sur un autre chemin ou bien vers le néant… L’Aïkido est de ce fait, une réponse inattendue. Elle peut être considérée comme originale, inovente, déstabilisante (c’est sa stratégie principale au sens propre comme au figuré). Elle reproduit pourtant les phénomènes les plus fréquents, démontrés et vérifiables autours de nous dans la Nature.
Les philosophies asiatiques se servent très souvent d’exemples puisés dans la Nature et ses phénomènes pour expliquer leurs principes. A quoi sert-il de chercher sans cesse à être le plus fort, le plus riche, le plus beau lorsqu’on sait qu’immanquablement, la vieillesse puis la mort nous emporteront ? Un tsunami ou un déluge (de l’eau), un tremblement de terre (une vibration), une tempête (du vent), un incendie (le feu) auront raison des plus solides constructions…, Le temps aura toujours le dernier mot sur toute chose, de tout phénomène…, la rivière, l’eau a raison de la montagne, de la roche…
La pire des choses en Aïkido serait de verrouiller, bloquer, repousser, lutter contre, rivaliser. Cela demande un énorme travail sur soi et tout d’abord sur ses idées préconçues, acquises durant l’enfance autours de toute idée mettant en jeu le conflit. Ensuite sur son corps qui a une tendance-réflexe à se raidir, en haussant les épaules, bloquer la respiration, tendre les muscles, congestionner les zones de ripostes (à commencer par le crâne, siège de la pensée) afin de se préparer à l’affrontement.
Considérer une attaque comme un déséquilibre chez l’autre, voir toute forme d’agression comme une source d’énergie, traduire la moindre velléité d’attaque comme un mal être chez l’autre qui implore de l’aide ou tout au moins de retrouver l’équilibre et le calme… Voila autant de pistes à explorer muni, au préalable, de la maîtrise de quelques techniques. A commencer par l’art des déplacements et esquives afin de ne jamais bloquer, verrouiller, stopper le flux, le Biénergie… et par conséquent reproduire, surenchérir ou tout simplement valider toute idée de violence.
L’entrainement quotidien d’un Aïkidoka consiste à, outre, acquérir de nouvelles techniques, travailler sur son corps afin qu’il sache s’adapter, se profiler, tendre systématiquement vers une meilleure et systématique fluidité. Pour y parvenir, il devra prendre conscience de toutes les tensions inutiles, mouvements réflexes parasites, des parties de son corps pouvant encombrer le passage de l’énergie fusionnée entre Uke et Tori…
Face au torrent, Tori devra se considérer non pas comme un barrage en béton, mais comme de possibles ruisseaux, canaux construits intelligemment, stratégiquement afin que l’eau puisse s’écouler naturellement, logiquement, harmonieusement.
Maître Ueshiba aura été communément décrit comme un visionnaire. Selon les textes sur O senseï, celui ci avait souvent cette réflexion: l’Aïkido est une voie pour réconcilier les Hommes entr’eux, et avec la Nature… Sa vision aura été le fruit d’un entrainement quotidien et d’un engagement philosophique et spirituel engagé.
Peut-être aura t il été une personne ayant tout simplement compris que nous nous étions inventé des concepts exclusivement humains (guerres, divorces conflictuels, spéculation sur l’autre, exécutions capitales “légales”, vengeance ….). Autant de principes inexistants dans la Nature et que l’Aïkido apporterait alors un moyen de se rapprocher de cette dernière, d’abord par la technique, ensuite par l’influence que celle-ci à la longue et à force d’entrainement, aura eu sur nous…
L’aïkido proposerait alors, face à toute forme de rivalité, une autre Voie…
Patrick Belvaux